Bouts d’espoir
Jusqu'où vont les pétales jetés dans la rivière
Bien plus loin que je n'irai jamais j'espère
Ils voguent bateaux floraux sur des eaux
Fluide et glacées que je ne goûterai jamais
Ma vie est là dans cet amas de béton
Qui suinte de bruits d'acier entrechoqué
De parfum métallique. Mais où sont les saisons?
Même le feu le plus infernal le plus nourri
Me glace le sang, me glace les os.
Ma peau se grise de poussière et l'alcool
Fait tourner ma tête et plus jamais ne me grise
J'envie les pétales et les boutons d'or
Qui glissent sur les flots comme de petits bateaux
Va petit pétale et emporte ma peine avec toi
Change-la, en joie et ensuite, reviens-moi
Pour rougir ma joie et percer mon cœur
De couleurs vertes, des couleurs de là-bas.
Car l'amour ici ne perce pas les murs
Il reste prisonnier dans la cage d'escalier
Mes pieds ne me supportent plus
Que par simple pitié, et mes dernières forces
Sont bientôt épuisées. Je t'en prie hâte-toi
Bout de fleur, bout d'espoir, te reverrais-je ce soir?
Si oui je t'attends, si non je t'attends
Benoît Peyrot